Actualités

Suivez les actualités des propriétés familiales et de la Maison De Mour !

Nous vous informons sur les travaux dans nos vignobles et dans nos chais, sur nos déplacements et nos manifestations à l’étranger, sur nos événements dans les châteaux, sur nos nouveaux produits, sur nos toutes dernières notes de dégustation et sur plein d’autres choses qui nous tiennent à cœur.

08/11/2018Château Haut Breton Larigaudière participe à Margaux Saveurs

Venez découvrir 5 millésimes lors d'un atelier inédit de dégustation verticale

Clémentine, notre responsable oenotourisme, vous accueille dans notre propriété familiale à l'occasion de Margaux Saveurs les 16, 17 et 18 novembre 2018 de 10h à 18h30.



Une visite suivie d'un atelier inédit de dégustation verticale (5 millésimes de Margaux) avec jeu des arômes vous attend à 10h, 11h30, 14h30, 16h et 17h30 (sur RDV).

Cette année, nous sommes associés à L'Institut Supérieur des Arts Appliqués (LISAA Bordeaux) pour vous faire découvrir des œuvres sur le thème de l'acidité au cœur de notre chai à barriques. Vous aurez l'occasion de voter pour récompenser votre œuvre préférée !

Tarif de l'atelier : 20€/pers. Durée : 1h. 
Limité à 12 personnes par atelier. Réservation obligatoire.

08/11/2018Déplacement en Asie

Venez-nous rencontrer à la Hong Kong Wine Fair et Prowine China 2018

Notre équipe commerciale est reparti pour une énième aventure en Asie! Du 8 au 10 novembre nos vins seront en dégustation à la Hong Kong Wine Fair et du 13 au 15 novembre, ils vous attendent sur notre stand à Prowine China. Numéro de stand: Hall W5 - nr 5AA01-9. 

06/11/2018Le millésime 2018 par notre directeur technique Jean-Michel Garcion

Vendanges de rêves qui viennent couronner une année d'efforts et de grande vigilance

Dans nos Châteaux Tayet et  Lacombe Cadiot, où l’épisode de grêle en mai a amputé une part importante de la récolte, nous culminons avec une trentaine d’hectolitres seulement. Par contre à Saint Emilion et Margaux, nous sommes satisfaits: cette récolte vient couronner une année d’engagement, de travail, de vigilance et surtout coiffer une année de frustration après la terrible désillusion du millésime 2017 avec la faible récolte lié au gel. 

2018 correspond à mon 27ième millésime, et jamais depuis mes débuts, je n’ai eu une qualité de vendange aussi exceptionnelle ! 

Dans le théâtre du millésime 2018, sur plusieurs scènes de nos vignobles bordelais se sont déroulés d’ores et déjà plusieurs actes.

Le premier d’entre eux a débuté en fin d’année passée, le décor automnal de nos campagnes avait scellé magnifiquement le sort du millésime 2017 et laissait place au départ du nouveau cycle. La vigne s’était endormie après une campagne difficile. Elle avait pourtant à travers la merveilleuse qualité de nos raisins, sut faire preuve d’une grande capacité de résistance sous la baguette ingénieuse de nos chefs de cultures Thierry dans le libournais et Jérôme dans le Médoc.

Le premier acte a donc débuté par sa phase léthargique. Un sommeil bien mérité ! Car la belle endormie a toujours besoin de cette période de repos pour reconstituer ses forces afin de redonner le meilleur d’elles-mêmes et se lancer dans de nouvelles batailles. Durant l’hiver nos chefs d’orchestre ont maintenu la cadence et l’ensemble des équipes se sont activées aux travaux de la taille, du tirage des bois, de la consolidation du palissage, du pliage, des apports d’amendements organiques et des complantations.

Avant de conclure ce premier opus, juste quelques mots sur les conditions climatiques hivernales. Octobre et novembre 2017 ont été relativement secs, ce qui devenait un peu inquiétant ! Par contre, la suite a été aquatique ! Dès décembre, puis janvier, février et mars furent très pluvieux et doux. Ce qui a fort heureusement permis de reconstituer les réserves et faire remonter toutes les nappes phréatiques. Fort de ce potentiel retrouvé et assuré que le millésime ne sera pas déficitaire en eau, nous sommes prêts pour la deuxième phase.

L’acte 2 débute avec l’éclosion des bourgeons, annonçant le renouveau. L’énergie du printemps, boostée par un printemps encore pluvieux mais relativement chaud, favorise une croissance rapide de la vigne. Mais ce climat, nous expose en contre partie à la colère sporadique des cieux et mai est haché par des épisodes de grêles désastreuses par secteurs. Ainsi, le sort en est scellé pour nos vignobles du Château Tayet et du Château Lacombe Cadiot: dans la journée du 26 mai, l’ensemble du vignoble est touché et présente déjà des pertes potentielles de l’ordre de 40 à 50%. Ces propriétés en bordures de Garonne ont été, comme près de 9000 hectares de part et d'autre de la rivière, dévastés à des degrés divers. Après la catastrophe liée au gel de l’année passée, la situation se complique très fortement. Quelque peu sonnés par ce nouvel uppercut, nous devons rapidement retrouver nos esprits et nous focaliser sur ce qui peut encore être sauvé. Notre concentration n’est pas de trop car les événements s’enchainent ! En effet, les conditions hygrométriques et la hausse des températures favorisent non seulement la poussée rapide des rameaux mais aussi la prolifération des maladies cryptogamiques. Le mildiou fort virulent en cette période qui entoure la floraison nécessite une vigilance de tous les instants de la part de nos techniciens viticoles.

Raisonnablement raisonnés et raisonnés…raisonnablement, telle est ma devise !!!

Tous les détracteurs d’une culture conventionnelle basée sur la réflexion et prenant en compte les conditions climatiques, la croissance de la vigne et les stades du cycle végétatif, se sont cette année fait tapés sur les doigts et ont  perdu une très grande partie de leur récolte. Il nous faut toujours agir avec prudence, ne jamais oublier que nous sommes dans une région océanique, avec une proximité des lacs, de la Garonne, de la Dordogne et de la Gironde. Autre élément déterminant, est la très faible altitude moyenne du vignoble bordelais. 2018 fut un rappel important pour nous tous afin que nous reprenions conscience de notre environnement et que nous mettions en place des méthodes adaptées à notre contexte et ne prenions pas à la lettre des éléments écrits dans des livres ou dictés par des effets de modes. (Comme si nous imaginions être sur un plateau à, 900 m d’altitude dans une zone semi-désertique avec de l’irrigation autorisée...). La réalité chez nous est toute autre. Ce qui en fait par ailleurs sa grande richesse, sa diversité, son originalité. Les vins issus de ces grands terroirs sont incomparables, car nulle-part ailleurs dans le monde, nous sommes capables de reproduire des conditions de productions identiques à celles de Bordeaux et cela même si les cépages utilisés sont les mêmes.

Cette année, les vignerons en culture Bio ont pour la plupart perdu de 40 à 100% de leur récolte. Un modèle économiquement catastrophique cette année et qui par force, aura des conséquences au sein de ces domaines. Notre approche qui se veut adaptée à notre environnement et aux conditions climatiques de chaque millésime est en perpétuelle évolution et adaptation à la situation du moment. Nous tendons depuis 25 ans vers une utilisation modérée des produits phytosanitaires, tant dans le type de produits utilisés que dans le nombre de passages. Nous progressons vite mais avec sagesse.

La meilleure preuve se trouve être dans les vignes. Mi-juin, les inflorescences ont fleuri et laissent place à de jolies grappes tout à fait saines. Les conditions qui suivirent furent plus clémentes et nous enregistrons une période de près de 100 jours sans une goutte de pluie. La chaleur et l’ensoleillement de cet été ont enraillé les maladies cryptogamiques grâce aussi à notre travail incessant dans les vignes afin de favoriser cette lutte prophylactique.

Pari gagné ! Septembre profile une belle récolte tout aussi bien au Château Haut Breton Larigaudière qu’aux Châteaux Tour Baladoz et La Croizille. La moyenne estivale des températures et de l’ensoleillement ont battu des records ; les raisins sont gorgés de sucre et nous attendons sans stress le moment opportun où la maturité phénolique sera atteinte. Nos passages quotidiens dans les vignes et nos dégustations des baies nous permettent de définir précisément le début des récoltes.

Acte 3 : Les récoltes.

Dernières semaines de septembre, nous récoltons les merlots de Margaux ainsi que des Châteaux Tayet et Lacombe Cadiot. Ce n’est que le 2 octobre que les merlots de Tour Baladoz rentrent dans les chais et nous attendons le 5 pour faire la même chose à La Croizille. Après quelques jours d’interruption nous entamons la récolte des cabernets sauvignons et des petits verdots. Le 9 octobre sonne la fin des vendanges à Margaux sous un soleil radieux et des températures exceptionnelles. Ce n’est que le 19 octobre que nous coupons les derniers raisins de cabernets et petits verdots à Saint Emilion. Nous sommes un des derniers de l’appellation à ranger les épinettes et les paniers !

Les niveaux de concentration en sucre sont extraordinaires, les acidités sont étonnamment équilibrées et les PH relativement bas. Tout ce qui peut nous permettre d’imaginer que nous avons un énorme potentiel dans nos cuves. Notre vigilance est active et nos dégustations quotidiennes nous permettent de déterminer le processus à adapter à chacune des cuves. La libération de la matière colorante a été très rapide et les macérations ne sont pas forcément trop longues. Les indices polyphénols totaux, mesurant le niveau de la matière colorante des vins et des tanins sont particulièrement élevés: des indices de l’ordre de 90, 95, et même au-delà. Les vins sont exceptionnels et présentent un potentiel de vieillissement incroyable. Naturellement, il nous reste encore beaucoup de travail afin de polir notre nouvelle pépite, mais nous sommes confiants et satisfaits d’avoir dans nos verres des vins noirs, riches, puissants ayant néanmoins une belle acidité, ce qui me laisse à penser à 2005 !

Affaire à suivre ! Laissons le temps au temps et dans quelques jours débutera l’acte 4 avec l’élevage en barriques. A très vite.

Au nom de toutes nos équipes, à très bientôt et MERCI !

Jean Michel Garcion

10/09/2018Nos vins dans le Guide Hachette 2019

Huit étoiles pour nos vins de propriété 2015

Cette année encore, nous sommes ravis de découvrir nos nouvelles bouteilles étoilées par le Guide Hachette des Vins. Dégustées à l'aveugle par des personnes du métier et du terrain, ce sont des récompenses rassurantes et encourageantes!

Dans le haut du palmarès nous retrouvons nos deux vins pour les grands moments d'exceptions: Le Créateur et La Croizille, que les dégustateurs ont sélectionnés pour leur complexité et leur ampleur.

Sur le deux rives, les seconds vins sont également récompensés et pour la rive droite c'est la total: tous les vins présentés apparaissent dans le guide.

 

Château La Croizille 2015

 

Ce vin naît du terroir argilo-graveleux de Saint-Laurent-des-Combes. Sa complexité lui vient probablement de la proportion non négligeable (30 %) de cabernet-sauvignon dans l'assemblage. Le boisé torréfié et grillé (moka) est très présent lui aussi, mais le fruit lui tient tête, sur des notes de myrtille, de mûre et de griotte. Cette palette se prolonge dans un palais ample et charnu, encadré par des tanins de grande qualité.

LE CREATEUR 2015

 

Dans le verre, un pur cabernet-sauvignon particulièrement apprécié du jury pour ses riches arômes de petits fruits rouges et de sous-bois. Au palais, une chair opulente enveloppe un support tannique savoureux.

CHATEAU ROQUETTES 2015

 

Très typé saint-émilion par la forte présence du merlot, il mêle la mûre, le fruit macéré et le pruneau au nez, les fruits confits et la cerise au palais, avec un boisé mesuré. Bien étoffé, il finit sur des tanins vifs et croquants.

Château Tour Baladoz 2015

  Un saint-émilion sérieux, classique, concentré, charpenté par des tanins massifs. De garde.

Château du Courneau 2015

  Un 2015 élégant, au nez de fruits rouges et de vanille, et au palais tout en rondeur. Un vin bien dans son appellation.

LA DAME DE BALADOZ 2015

  Un second vin bien réussi, frais et fruité, aux arômes de noyau de cerise. Ses tanins enrobés ne tarderont pas à s'affiner.

13/12/2017Château La Croizille et Château Tour Baladoz sont coup de coeur des Saint-Emilion Grand Cru.

Les 24 ambassadeurs des Vins de Saint-Emilion pour 2018

Le soir du 11 décembre s’est tenu au CAPC de Bordeaux la Coupe des crus qui a désigné, par match éliminatoire, les 24 vins ambassadeurs des appellations Saint-Emilion pour 2018. Notre ambassadeur sur place Dominique Faure a aidé pour que la dégustation à l’aveugle se passe dans les meilleures conditions et a été témoin de la grande qualité des dégustateurs, guidés par le parrain de cette édition et compatriote de notre famille propriétaire, le journaliste belge Marc Roisin.

Grande euphorie au sein de notre équipe quand la nouvelle est tombée : nos Château La Croizille ET Château Tour Baladoz (l'un comme l'autre!), ont été sélectionnés coup de coeur des Saint-Emilion Grand Cru pour représenter l'appellation tout au long de l'année 2018, avec 6 autres châteaux. La sélection s'est faite pour les 2013, 2014, 2015.

Autour de 150 jurés (oenologues, viticulteurs, courtiers, négociants ou journalistes) étaient réunis pour désigner les vins qui représenteront les appellations de Saint-Emilion en 2018 lors de différentes manifestations sur lesquelles le Conseil des vins de Saint-Emilion sera partenaire ou présent : le Saint-Emilion Wine trip, Saint-Emilion Jazz, Prowein en Allemagne…

 

Toute au long de cette année, nous défendrons haut et fort les couleurs de Saint-Emilion avec le millésime que nous avons choisi de mettre en avant pour chaque Château : le Château La Croizille 2014 et le Château Tour Baladoz 2015.

21/11/2017Le millésime 2017 par notre directeur technique Jean-Michel Garcion

Amateur de sensations fortes ? Et si vous deveniez vigneron ?

Lorsque dans quelque temps je me souviendrai de 2017, le phénomène marquant sera le gel, et les nuits des 27 et 28 avril seront indélébiles dans ma mémoire comme le fut en 1991 la nuit du 21 avril. Pour résumer, ce fut très difficile. Il a réellement fallu s’employer afin de déjouer tant bien que mal les aléas climatiques. Dame Nature nous a sévèrement rappelé qu’elle était plus forte que toute notre volonté.

A chaque caprice de la météo, vous faites « Tapis » comme au casino !

Ce fut cinglant comme le froid qu’il faisait aux matins des 27 et 28 avril. Si la première coupe n’était pas suffisamment rase, le deuxième passage nous a été dans un grand nombre de cas fatal ; les yeux rougis par la tristesse face à ce spectacle de désolation qui se découvrait au fur et à mesure que le soleil montait dans le ciel glacial. Les nuits avaient été claires, étoilées, et sans nuages et les rayons de soleil furent dévastateurs sur les jeunes rameaux récemment débourrés.

Avant le début du cycle végétatif nous étions en déficit hydrique, eu égard à un hiver peu pluvieux. Le débourrement a été assez rapide, les températures relativement élevées en mars et avril et tout était propice à une pousse rapide de la vigne. Les inflorescences étaient déjà apparues et les rameaux faisaient déjà de 10 à 40 cm suivant les zones quand « l’effet guillotine » du gel nous a privé de la tête des bourgeons dans le meilleur des cas et éliminé dans certains autres l’intégralité de la tige.

Dans 80% de nos parcelles en Médoc (Margaux et Bordeaux Supérieur), le printemps fut noir et ce ne fut que fin mai que les bourgeons percèrent la torpeur et redonnèrent un sens à la vie. Certes sans raisin, mais faute de vin il était indispensable d’avoir du bois pour espérer tailler cet hiver et imaginer une future récolte en 2018. Ce métier sans espoir et sans caractère est impossible à faire !

Donc fin mai, nos estimations sont les suivantes : -80% à Margaux, -70% pour nos Bordeaux Supérieur à Ludon et Macau, -5% au Château Tour Baladoz, -20% à La Croizille. Après cet aléa climatique de fin avril, mai et juin sont particulièrement chaud et favorisent une floraison dès la troisième semaine de mai pour toutes les vignes épargnées. Nous abordons l’été avec 3 semaines d’avance pour une année type. En 26 campagnes, c’est la première fois que se profile une récolte intégrale en septembre.

25/10/2017Château Haut Breton Larigaudière 2015 dégusté par le Meilleur Sommelier du Monde, Andreas Larsson

"Un Margaux élégant à boire dans les prochaines années ou à garder pour 20 ans"

16/11/2016Le millésime 2016 par notre directeur technique Jean-Michel Garcion

«Franchement c’est Grand et je me retiens ! »

Le cycle végétatif s’achève et dans le même temps les derniers coups d’épinettes ont retentis. Les pédoncules des grappes encore solidement accrochées aux sarments ont été rompus. La vigne peut s’endormir !

Le rideau est en train de tomber comme le voile de brume qui envahit avec gourmandise la combe de Tour Baladoz et de La Croizille ainsi que les bords de la rivière dans le Médoc. L’automne est bien là, l’humidité de plus en plus présente ; les feuilles des vignes ne s’y trompent pas. Les couleurs changent de jour en jour nous offrant un spectacle féérique. La scène semble cyclique et le plaisir reste intact devant tant de beauté ! Quel bonheur d’être là, de pouvoir admirer ces formidables lumières, en paix, en harmonie avec Dame Nature.

 

 

L’image idyllique du moment ne fut cependant pas celle de tous les instants. En effet, 2016 fut une année de contrastes à Bordeaux. Après avoir cumulé une pluviométrie de janvier à mai égale à la moyenne annuelle ; une période de temps sec et chaud a pris place à partir de juin juste au moment crucial de la fleur.

Pour faire clair, toute la période de croissance végétative s’est faite sans aucun stress pour la plante car il ne lui a jamais manqué d’eau et de minéraux. Le stress ; il l’était plutôt pour nous et vous pensez bien que ces conditions de constante humidité et de température clémente étaient aussi très favorable aux développements des maladies cryptogamiques (mildiou, black rot) d’autant que cette période de croissance est celle où la plante est la plus sensible. Pendant cette première partie du cycle végétatif les jeunes branches chargées de leurs inflorescences naissantes ont poussées sans à-coup et sans contraintes particulières. Dès lors que nous avons commencé à rogner la vigne, les besoins en eau sont moindres et toute son énergie est focalisée au développement et à la maturité des raisins. Les réserves de la vigne étaient quasiment intactes avant d’entamer toute la phase de maturation du cycle végétatif (de la floraison à la récolte). Des conditions tout simplement formidables nous ont permises de passer ce cap difficile de la floraison….et à la chute des capuchons floraux nous constations les prémices d’une récolte assez généreuse.

Cette année les accidents climatiques (gel de printemps, grêle, vent et pluie) nous ont épargné. Notre vigilance a dû cependant être de tous les instants de telle façon à préserver l’expectatif potentiel de la future récolte ! Nos équipes aux aguets ont protégé grâce à leur bonne réactivité nos jolis raisins. Contrairement à ce qui a pu se dérouler dans de nombreuses régions viticoles plus septentrionales, nous fûmes privilégiés.

La véraison se déroula de début à fin aout suivant les cépages. A ce moment-là, une ondée bienveillante est venue arroser le début d’un stress hydrique naissant sur les parties les plus filtrantes et dans nos vignes les plus jeunes, où l’enracinement reste plus superficiel. Trois semaines plus tard, un épisode pluvieux de faible intensité (17 mn à Margaux et 13mn à Saint Emilion) a permis d’accélérer la maturité des raisins.

Mais sans se précipiter pour autant….Margaux, particulièrement précoce chaque année et habitué à débuter les vendanges fin septembre, s’est trouvé cette année dépassé d’une courte tête par les vignes du château Tayet, plus avide d’en découdre, et c’est le 3 et 4 octobre que le rideau s’est levé.

Jérôme en chef d’orchestre pour les vignobles du Médoc (Châteaux Haut Breton Larigaudière, Tayet, Lacombe Cadiot), assisté de Coralie, Miguel M, Mickaël et Miguel, a mené les débats à la vigne. Tandis qu’au chai Cédric, entouré de Mélanie, Vladys, Christina et Gloria, s’est préoccupé tout au long du processus de vinification de préserver d’une part et d’exceller d’autre part la production que Jérôme et les siens avaient mis près d’un an à façonner, jusqu’à la parfaite maturité technologique et phénologique des raisins.

Deux belles journées de vendanges ont scellé le sort des raisins du château Tayet. Ce n’est qu’après que nous avons cueilli les grappes de Margaux en commençant par les fruits gorgés de soleil et de sucre des parcelles du Liougey, d’Arsac , du Grand Soussans, du Bois du sable et enfin de Maucaillou. Les merlots du Château Haut Breton Larigaudière étaient en chai dès la fin de la première semaine d’octobre.

Quelques jours de pause à la vigne, le temps de nous permettre de parfaire nos gammes aux chais à Margaux et à Ludon. Dès le lundi 10 nous reprenions la bataille des rangs de vignes à Ludon en achevant en deux nouveaux jours le festival des merlots et de certains cabernets sauvignon.

Dans le même temps, à Saint Emilion, Thierry, preux chevalier du vignoble du Château Tour Baladoz et du Château La Croizille, renforcé par ses fidèles lieutenants, Jérémy, Béatrice et Charles, achevaient les derniers préparatifs. Afin d’entamer dans les meilleures conditions le mardi 11 le début de nos vendanges Saint Emilionnaises.

Malgré un départ tardif vis-à-vis de certains de nos prestigieux voisins, nous étions sereins et accueillons avec joie et satisfaction les premiers raisins dans le chai de Tour Baladoz. Nous avons vendangé le mardi, le jeudi et le vendredi. Ce n’est que le 15 octobre que nous avons récolté les premiers merlots de La Croizille. Une pause le dimanche pour temporiser l’allure, mais surtout nous permettre de bien lancer les vinifications dans nos deux chais. Le lundi et le mardi ont permis de vendanger les derniers merlots et quelques cabernets franc et sauvignon.

Retour à Margaux…le 12, 13, 14, 15, nous avons cueilli de magnifiques cabernets sauvignon, que ce soit sur Arsac ou Soussans . Le jeudi 13 fut entre autre consacré à notre récolte Kacher. Le lundi et le mardi qui ont suivi furent nos derniers jours de vendanges à Margaux. Les derniers cabernets sauvignon et les petits verdot sont venus rehausser un niveau de qualité déjà fort encourageant.

Le lendemain a été notre tout dernier jour de vendange dans le Médoc en clôturant la saison par un récital, dont les petits verdot du Château Tayet et du Château Lacombe Cadiot furent les virtuoses.

Pour que la fête fût complète nous avons dû attendre le vendredi 21 octobre pour clore les débats aux châteaux La Croizille et Tour Baladoz en faisant tomber dans les paniers les derniers raisins de cabernets (franc et sauvignon) ainsi que les petits verdot. Un muid de malbec et deux barriques de carmenère ont aussi enrichi notre tableau de vendanges !

Parlons maintenant du ressenti du millésime. A première vue, les promesses sont tenues. La qualité des raisins sur pieds est bien celle qui est en train de se révéler dans nos verres. Nous sommes en cours de vinification et les couleurs sont déjà formidables, l’homogénéité des lots et des cépages, rive droite et rive gauche est exceptionnelle. Vous vous attendrez peut-être à quelques bémols…, vous n’en aurez pas. Je suis extrêmement satisfait. Je suis presque étonné de ce qui se délivre à nos papilles. Les caractéristiques visuelles et organoleptiques sont un record jamais égalé à Margaux sur des merlots avec 1380 d’anthocyanes et de nombreuses autres cuves présentent les mêmes taux. Des IPT (indice polyphénols totaux) où les records d’un jour ont été bousculés par ceux du lendemain à Margaux comme à Saint Emilion. Merlots et cabernets avec des niveaux entre 80 et 100 d’IPT. Dans ce domaine il y a toujours un champion et la palme est pour le petit verdot, quel que  soit sa provenance (Saint Emilion, Bordeaux Supérieur et Margaux), avec plus de 110 au compteur sur certains lots !

Ces formidables maturités phénoliques se reposent sur un socle solide. La concentration en sucre est très bonne même si certains autres millésimes furent supérieurs mais peu m’importe, ceci n’a jamais été un facteur majeur à la qualité d’un grand vin. Par contre les acidités et les PH sont parfaits comme pour 2010, exactement l’idéal pour moi vis-à-vis de la maturité phénolique ; ce qui laisse présager de très bons potentiels de vieillissement. Franchement c’est « Grand » et je me retiens ! Je vais attendre quelques semaines pour valider mes dires mais c’est SUPER !

Pour conclure, je suis heureux d’associer à cette merveilleuse réussite collective, Armelle, Marie, Anne, Sophie, Domi, Elise L, Pierre, Olivier P, Anthony et Elise G. Je n’oublierai pas  bien évidement toute la famille De Schepper sans quoi tous nos efforts seraient vains, ainsi que notre équipe en Belgique. Enfin, mes pensées vont à Chantal qui nous a quitté cette année et qui laisse un grand vide ; je suis heureux de la mettre à l’honneur aujourd’hui car les personnes de l’ombre sont souvent tout aussi essentielles à celles et ceux qui voient un peu plus la lumière. Chantal travaillait à la vigne depuis 1993. Respect et félicitations pour ta gentillesse, ton travail et ton courage. Tu resteras un modèle pour nous tous.

MERCI  à vous tous.

Jean Michel Garcion

Merci de patienter